Publié le 10 août 2026
Dans un entretien au Figaro publié ce week-end, François Bayrou, président du MoDem et ancien Premier ministre, propose d’organiser une primaire réunissant l’ensemble des forces qu’il qualifie de démocrates et réformistes, du Parti socialiste version sociale-démocrate jusqu’aux gaullistes, pour désigner un candidat unique à la présidentielle de 2027.
Ce qu’il propose
Le scénario qu’il redoute est un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon. Pour l’éviter, il appelle « tous ceux qui rejettent les extrêmes » à accepter une compétition ouverte entre les candidats potentiels de cet espace politique.
Le calendrier qu’il esquisse est précis. Les prétendants devraient se déclarer d’ici septembre. Le vote, qu’il souhaite le plus ouvert possible, aurait lieu fin janvier ou début février 2027, ce qui laisserait au vainqueur environ deux mois de campagne avant le premier tour.
Parmi les personnalités qu’il cite comme pouvant concourir : Bernard Cazeneuve, Michel Barnier, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, François Baroin et Yaël Braun-Pivet. Il évoque aussi favorablement Thierry Breton, ancien commissaire européen, qu’il présente comme extérieur au pouvoir sortant. Lui-même ne se déclare pas candidat.
Ce que ça dit du paysage politique
La proposition intervient alors que plusieurs candidats du bloc central sont déjà déclarés ou en campagne, dont Édouard Philippe, le mieux placé dans les sondages de cet espace. Bayrou estime pourtant qu’aucun prétendant actuel n’est en mesure de fédérer assez largement, ce qui revient à contester la candidature naturelle de l’ancien Premier ministre. Faute d’accord, prévient-il, la désignation se fera « par effraction ».
Les premières réactions sont partagées. À droite, certains responsables LR ironisent sur une idée qui rappellerait la « Troisième Force » de 1947, cette coalition de partis du centre unis contre les gaullistes et les communistes.
Le point civique : une primaire, ça repose sur quoi ?
Aucune loi n’encadre les primaires en France. Ce sont des scrutins privés, organisés librement par un ou plusieurs partis, qui en fixent eux-mêmes les règles : qui peut voter, qui peut concourir, comment on départage.
La droite en a organisé une en 2016, la gauche en 2011 et 2017, et une « primaire populaire » citoyenne a eu lieu en 2022. Leur bilan fait débat : elles mobilisent et donnent une légitimité au vainqueur, mais rien n’oblige les perdants, ni ceux qui refusent d’y participer, à se rallier.
C’est tout l’enjeu de la proposition de Bayrou : une primaire n’a d’effet que si les principaux candidats concernés acceptent d’y entrer et d’en respecter le résultat. Pour l’instant, aucun d’eux ne s’y est engagé.
À suivre en septembre, l’échéance que François Bayrou fixe lui-même pour les déclarations de candidature.
Publié le 10 août 2026. Information susceptible d’évoluer.
Sources
- Le Figaro, entretien avec François Bayrou (week-end du 9-10 août 2026)
- franceinfo — François Bayrou souhaite une grande primaire pour désigner un candidat unique
- Vie-publique.fr — les primaires ouvertes en France
Crédit photo : Service photographique de Matignon · Licence Ouverte (Etalab) · photo recadrée.

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